Un roman graphique « Maus » d’Art Spiegelman

Maus_Art Spiegelman

Maus_Art Spiegelman

Sur les très bons conseils d’Angeline et Antoine, je souhaite partager avec vous une belle découverte : les deux tomes de « Maus » d’Art Spiegelman; le tome 1 « un survivant raconte mon père saigne l’histoire », tome 2 « un survivant raconte et c’est là que mes ennuis ont commencé ».

Art Spiegelman est le fils d’un des survivants des ghettos polonais qui est né à Stockholm et qui vit à New York.

« Maus » relate le vécu du père dans la période 1939-1945 : ce que j’ai beaucoup apprécié c’est à la fois les allers-retours entre les échanges du père et du fils pour se souvenir de ce qu’il a vécu avec son prisme de juif aisé (obligation de mémoire pour le fils et héritage à transmettre) et cette période de fuite, de chance et de tentatives pour survivre pendant cette période terrible.

Le travail de mémoire mis en avant montre la difficulté pour les survivants de vivre dans le monde actuel (ici le père garde tout et économise dans les extrêmes suite aux pénuries qu’il a connu) et le souhait de vouloir oublier cette période. Les traumatismes sont très importants et parfois mal compris par les générations suivantes.

Le choix par Art Spiegelman de vignettes en noir et blanc avec des traits « primitifs » reflète les émotions non écrites par les personnages : ce choix est très judicieux parce qu’en enlevant le côté émotionnel les actes sont encore plus durs, cruels, incompréhensibles.

L’originalité vient du choix de représenter les juifs par des souris et les SS par des chats : le fait d’enlever les traits humains laissent refléter la fragilité de la souris qui cherche à tout prix à s’évader pour survivre et la cruauté du chat qui par sa force peut balayer d’un coup de griffe les souris.

Beaucoup d’émotions au point de parfois refermer le livre dont la raison provient soit de la cruauté (certains juifs étaient obligés d’arroser d’essence les juifs dans une fosse et y mettre le feu pour sauver leur vie) soit d’un soulagement (le père a dû faire confiance à des personnes inconnues et le résultat était à double tranchant sachant que le résultat était binaire : vie ou mort) soir de révolte (lorsque le père indique qu’il était résigné et ne préférait pas se révolter ;des milliers de prisonniers face à une centaine de SS; pour sauver sa vie et celles de certains de ses compatriotes alors qu’au final il a été le seul survivant).

Je vous conseille de découvrir les deux romans graphiques ou de le redécouvrir si vous l’avez déjà lu.

A très bientôt !

1 commentaire

  • Répondre octobre 3, 2016

    musy

    j’ai beaucoup aimé Maus!

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