Rencontre avec Delphine de Vigan

Delphine de Vigan_rencontre

Delphine de Vigan_rencontre

Aujourd’hui, je souhaite partager avec vous une belle rencontre qui a eu lieu cette semaine : Delphine de Vigan, une femme simple, humble, intelligente et souriante !

Une belle rencontre dont vous retrouverez le cœur des échanges ci-dessous :

Elle a travaillé pendant plus de 20 ans dans le monde de l’entreprise avant de se lancer dans le monde de la littérature. Elle a reçu plusieurs prix pour ses livres successifs depuis 2007. Elle a écrit son premier roman en 2005 sous un pseudonyme. Ces livres racontent l’amour, la folie, la mort, la maladie bref la vie.

Pour qui écrivez-vous ? Elle ne sait pas trop, peut-être pour elle-même sans être égoïste. Elle ressent beaucoup d’émotions de voir que ses livres touchent un public de plus en plus large. Quand elle écrit, elle a le soucis de la clarté et de la justesse pour faire écho chez l’autre.

Comment s’est-elle lancé dans l’écriture ? Cela c’est fait en deux temps. Tout d’abord, pendant une longue période elle a écrit dans un journal intime de manière quotidienne. Elle ne sait pas vraiment qu’elle a été le déclic pour se lancer dans l’écriture d’un roman parce qu’elle ne se voyait pas écrivain même si elle est passionné de lecture. Tout ce qu’elle sait c’est qu’à l’arrêt de son journal intime qui était lourd à gérer avec une famille et un travail, l’écriture lui a manqué et elle désirait qu’elle prenne une autre forme. D’ailleurs, ses premiers écrits étaient un roman comique qui n’a jamais été publié. Suite aux retours qu’elle a eu lors de l’envoi de son manuscrit, elle a compris que ce n’était pas assez abouti mais prometteur donc elle a continué.

Quelle place donnez-vous à l’intime dans votre travail d’écriture ? Ce qu’elle aime c’est saisir la réalité de manière variée et conjuguer le plus d’intimes « la sensation des individus » dans ses écrits.

Ecrivez-vous pour comprendre les gens ? Oui même si les personnages de ses livres n’y arrivent pas vraiment.

Dans son dernier roman, la narratrice aimerait écrire sur la télé réalité et vous ? Elle a voulu le faire à l’époque de la première télé réalité mais elle ne l’a pas fait par ce qu’elle n’arrivait pas à concilier son travail et l’écriture. Ce qu’elle trouve fascinant dans ce thème: ce sont des personnes qui sont pris dans un personnage  à leur insu comme dans un roman.

Comment sa famille a vécu le succès du livre « rien ne s’oppose à la nuit » ? Ce livre a été bien accueilli dans la famille hormis pour une personne qui d’ailleurs n’apparaît pas dans le livre. Sa famille aime et respecte la littérature. Ce livre a été lu comme un roman et elle s’est battue pour ça. Par contre le succès a été compliqué à gérer: elle a développé une forme de culpabilité. Pour « d’après une histoire vraie », elle est plus sereine. Dans chaque livre elle ne veut pas se répéter donc elle a une exigence forte vis-à-vis d’elle-même. Elle est mieux armée que par le passé.

Comment se déroule votre process d’écriture ? Process très différent pour chaque livre. Pour « les heures souterraines », elle venait d’arrêter de travailler après 20 ans et elle avait perdus a mère un mois après or elle a un souvenir doux de ce moment et elle l’a vécu comme un refuge en sentant l’importance de parler de l’harcèlement en entreprise. Pour « rien ne s’oppose à la nuit », cela a été très dur d’écrire pour contenir l’émotion et travailler la langue et la musique du livre. « D’après une histoire vraie » fut très compliqué parce qu’elle avait peur  de ne plus pouvoir y arriver après le succès du précédent. Elle a dû s’imposer une discipline: écrire tous les jours à la même heure; très fastidieux et pas de plaisir à écrire. C’était la première fois qu’elle avait ce sentiment mais à la fin de la rédaction un mois avant la fin elle a ressenti de la joie et du plaisir.

Quand on fini d’écrire un livre qu’est-ce que l’on ressent ?Il faut accepter que le livre va vivre sa vie. C’est une période qu’elle adore bien qu’il est difficile de se dire qu’on ne pourra plus retoucher ses écrits.

Dans le dernier roman qui est cette femme qui se dit être votre amie ? Il y a plusieurs hypothèses de lecture et elle n’a pas voulu donner une réponse.

Comment comprenez-vous que vous ayez plus de lectrices que de lecteurs ? Statistiquement le lecteur est une lectrice en littérature donc pas lié uniquement à ses romans. Les femmes prennent plus l’initiative d’aller rencontrer des auteurs. A travers les courriers qu’elle reçoit, elle a plus d’hommes pour les livres suivants : « un soir de décembre », « les heures souterraines » et « d’après une histoire vraie ».

Avez-vous déjà éprouvé du désir pour une autre femme comme dans votre roman ? Oui dans les mêmes circonstances que dans le livre. Elle se considère hétérosexuel mais le trouble est possible vis-à-vis d’une personne. Elle travaille sur la frontière entre normal et pathologique.

Pensez-vous que nous avons tous une part de folie ? Oui la frontière est fine et nous avons tous une part de folie en nous (exemple avec son anorexie). Nous vivons dans un monde qui nous rend très fragile.

Quelles sont vos inspirations littéraires ? Très multiples pour sa construction intellectuelle et le tout forme un arrière plan dans ses livres. Le dernier livre qu’elle a lu et qui l’a marqué : Richard Powers « Generosity ».

 

Livres Delphine de Vigan

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