« La casa » de Paco Roca

La casa de Paco Roca

La casa de Paco Roca

Les premières vignettes de ce roman graphique révèle le talent incroyable de Paco Roca : sans une bulle juste le trait de son dessin et les couleurs, le lecteur plonge dans la campagne espagnol avec le décès du grand-père, Antonio. Pas de drame, pas de scène tragique juste la vie qui passe, voilà ce dont a réussi brillamment à exprimer Paco Roca dans le roman graphique « La casa » ou en version française « La maison ».

Paco Roca met en lumière les décisions que souvent les descendants sont en mesure de prendre lorsqu’il y a un bien et toutes les émotions sous-jacentes. Les enfants d’Antonio, Vicente, Jose et Carla, se retrouvent dans la maison que leur père a construit progressivement avec ses économies et où il a vécu depuis le décès de son épouse. Un an après le décès de leur père, ils décident de s’y aller pour la nettoyer, ranger et voire la vendre…Un plongeon dans les souvenirs pour chaque membre de cette fratrie : chacun avec son caractère, son histoire et donc des réactions différentes où chaque lecteur pourra se retrouver. La justesse des mots de Paco Roca donne la parole à chacun, sans jugement, en nous présentant les rendez-vous manqués, les incompréhensions et les traces du père partout.

L’ayant lu en espagnol j’ai vraiment eu l’impression de me retrouver au pueblo auprès des miens lors des longues discussions où se mêlent les souvenirs et les émotions. Le style linguistique plonge le lecteur dans cette Espagne où les grands-parents ont construit petit à petit avec le peu de moyens qu’ils avaient pour les générations suivantes afin de nous laisser une maison remplie de souvenirs, d’amour et d’une richesse émotionnelle incommensurable. Le choix de l’auteur de proposer des échanges brefs mais pleins de profondeur m’a transporté et j’ai perçu l’intensité des émotions des trois enfants.

La qualité du dessin et le jeu des couleurs pour distinguer les souvenirs et le présent ont fini de me conquérir complètement. Le graphisme est vraiment typique des pueblos et Paco Roca m’a transporté jusqu’à la dernière page.

Le format original du roman graphique qui est un combiné d’un roman et d’une bande-dessinée donne un côté intime à la lecture.

Angeline, merci infiniment pour cette très belle découverte !

A dévorer sans plus attendre !!

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