Festival America Samedi – Le forum des écrivains

Le forum des écrivains – Le pouvoir de raconter des histoires avec Eric Plamondon (EP), David Vann (DV) et Alexi Zentner (AZ)

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Toute votre oeuvre est sur votre père. Est-ce que vous avez le choix du sujet ou vous êtes hanté par un sujet pour toujours ? 

DV: sur les premiers livres; pas vraiment le choix mais il a beaucoup de choix dans sa famille lol : cinq suicides, un crime…

Dans votre trilogie vous vous intéressez à trois personnages. Comment cette histoire est née ?

EP : ce projet a débuté en 1984 avec son père. Pendant son écriture de ses trois livres, il a appris que son père n’était pas son vrai père…travail de l’inconscient !

Comment s’est imposé le sujet à vous ?

AZ : il a fait des recherches mais pas sur les bâteaux parce qu’il a peur d’être malade. Il est tout d’abord tombé amoureux du paysage et il a développé le souhait d’écrire sur les hommes qui font un métier dangereux où l’océan ne vous aimera jamais.

Est-ce que partir d’un point de départ minuscule vous a servi une fois pour écrire un livre entier ?

AZ : Inspiration à partir de l’image unique d’une femme piégée sous la glace.

EP : Le sourire d’un auteur

DV : un moment déclenché lors de son deuxième roman : 12 ans d’expérience d’écriture et coincé après cinq chapitres, en plein hiver. Donc il est sorti marcher sur un lac glacé en ayant peur que ça craque sous son poids. Donc, il se penche et gratte en essayant de comprendre le noir à travers la glace. Il a décidé de ne pas aller jusqu’à l’île et il est rentré en courant écrire son deuxième roman « Désolation » et expliquer comment le personnage est perdu dans ce trou noir.

Est- ce qu’une histoire peut prendre une vie d’elle-même ?

AZ : « Vrai, je peux donner les directions que je veux. Je suis Dieu ! Je peux revenir en arrière, changer la direction. Quand un roman est grand et qu’il y a de grandes scènes, il faut attendre que ça se décante. Ce n’est pas comme un objet : ça prend beaucoup de places et a besoin de temps. »

DV : Dans son premier livre, un choc a modifié la fin du livre. Dans le processus de l’écriture, l’inconscient est important et l’écrivain comprend que dans les cinquante dernières pages (« Goat Mountain »). Depuis, il n’a plus de plan et il se laisse guider par son inconscient.

Inspiré par Steve Jobbs, n’est-ce pas une facilité de prendre la vie d’une personne célèbre ?

EP : Ce fut un coup de foudre mais aussi une contrainte pour l’écrivain parce que la ligne directrice est donnée par la vie de la personne célèbre sachant que son travail est de s’en écarter le plu possible. « C’est agréable de travailler sur un matériel ainsi ».

Écrivons-nous en s’inscrivant sur la lignée de grands auteurs comme Victor Hugo ?

AZ : Son dernier roman est un clin d’œil à Shakespeare. Le rôle de l’écrivain est d’aller dans cette grande pièce et faire avancer cette conversation de grands auteurs.

« Dernier jour sur Terre » – Fusillade collective d’un jeune. Comment avez-vous réussi à en faire un roman personnel en partant d’un sujet connu aux USA ?

DV : C’est une enquête non pas journalistique mais universitaire grâce à l’accès à tout le dossier de police. Au décès de son père, il a hérité de toute l’armurerie de ses parents et il a tiré sur tous les animaux et sur les fenêtres des voisins sans que celui-ci devient un tueur. Ceci est la grande différence avec son personnage qui fera tout pour y échapper mais n’y arrivera pas. Réussir à mettre en parallèle la jeunesse de David Vann et celle de son personnage c’est pour montrer que tout le monde n’est pas un monstre mais que des circonstances peuvent le provoquer.

Est-ce que l’on a tous les jours des débuts d’histoire ou est-ce rare pour un écrivain ?

EP : Pleins d’hsitoires viennent à soi que l’on essaye de rédiger et au bout d’une vingtaine de pages nous pouvons constater si cela restera à l’état d’idée ou formera une histoire. Il a commencé à 40 ans d’écrire donc il trouve que cela vient facilement.

DV : L’écriture est une pratique quotidienne : deux heures d’écriture puis une heure de correction et une heure d’écriture. Il ne sait pas où ça va l’amener mais son secret est d’écrire tous les jours et de voir au bout de sept mois si cela peut constituer un livre ou pas. Ceci est peu sécurisant parce que parfois nous pouvons avoir perdu son temps mais parfois on peut-être agréablement surpris.

AZ: « Je suis très différent de mes compères parce que chaque jour je me trouve être un génie puis le lendemain je me trouve nul ». Il dit à ses étudiants tu deviens un écrivain mais tu ne l’es pas dès le début, il faut travailler en écrivant beaucoup.

 La méthode Simenon « j’ai écris du 22 au 27 puis je n’écris plus ». Est-ce que cette méthode est folle ou elle vous intéresse ?

EP : Il s’était donné comme objectif d’écrire un livre avant ses quarante ans. Il a commencé à ses 30 ans mais à ses 39 ans il avait toujours pas fini et il lui restait deux mois pour finir son premier roman. Du coup, il lui a donné sa grande priorité et il a réussi à le finir.

DV : Il a écrit son premier livre en dix-sept jours mais après dix ans d’errements et il adore entendre ses collègues raconter leur errance, leur difficulté. Quelques jours pour écrire un roman une fois mais sinon impossible – expérience atroce. Quand il écrit un roman il se force à écrire une ou deux pages par jour sinon écrire plus longtemps c’est tomber dans la facilité.

AZ : Ecrire et envisager l’écriture par mot et réaliser une histoire cela fait moins peur. Il préfère écrire en continu sinon c’est difficile « en fait c’est comme un athlète qui veut faire un marathon, il ne commence pas par faire la distance totale mais il va progressivement avec régularité »

Pourquoi choisir d’écrire et ne pas devenir cinéaste ?

EP : Il aime travailler seul, être son propre patron ce qui est différent du milieu du cinéma. Il ne cherche pas à faire un film mais il s’appui sur le montage vidéo pour ses livres.

AZ : Il adore lire. Il trouve cela magique et le livre permet de rêver. Il avoue écrire un peu pour le cinéma mais il écrit avant tout parce qu’il adore lire. « L’écrivain est en premier un lecteur et on retrouve la même passion dans l’écriture que la lecture ».

DV : Il écrit parce que tous les jours sont inconscients lui révèle des choses. Il écrit pour lui. Il est comme Eric il n’aime pas avoir un patron. Il n’y a que l’écriture qui révèle son inconscient.

Pour quand l’adaptation de Sukwan Island ?

DV : Il est en relation avec une maison de production française mais lorsqu’il a présenté son scénario il collait trop au livre. Donc ils ont demandé à un autre écrivain de rédiger le scénario. Il a hâte de voir le résultat !

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