Critique « Station Eleven » d’Emily St John Mandel

Station Eleven Emily St. John Mandel

Station Eleven Emily St. John Mandel

La Grippe de Géorgie a ravagé le monde en très peu de temps à cause des moyens de transport d’aujourd’hui qui favorisent les contagions sachant que cette grippe s’attrape vite et le temps de survie est très court. Par conséquent, en très peu de temps quasiment toute la population mondiale a disparu.

Uniquement quelques survivants vivent dans un monde coupé des nouvelles technologies, sans Internet, sans moyen de transport (plus de carburants),sans de supermarchés (disparition du monde de la consommation) et un retour à la loi du plus fort (celui qui est armé détient le pouvoir) avec le développement de comportements extrêmes (secte avec des pratiques peu recommandables).

La Symphonie itinérante est un groupe d’artistes (mixte de théâtre et d’orchestre) qui sillonnent des espaces vides ponctués d’îlots de population qui squattent des habitations abandonnées. Malgré la dangerosité d’être sur la route, la passion et la joie des habitants leur donnent du courage pour continuer leur mission : « Survivre n’est pas suffisant ». La capacité de l’homme à s’adapter et à réussir à survivre en se récréant un univers (les passagers coincés à vie dans l’aéroport) montre que l’humanité est fragile face à la nature mais l’espoir est grand.

L’art et, en particulier, le théâtre est au cœur de cet ouvrage avec les premières pages sur la fin d’un artiste Arthur Leander (lien entre tous les personnages du roman) qui meurt sur scène en jouant le Roi Lear, avec la Symphonie itinérante qui joue Shakespeare et/ou Beethoven avec des extraits dans le roman. Quand tout disparaît, l’art permet de rêver et de lier les gens en donnant du plaisir. Belle réflexion sur ce qui reste quand tout ce qui est éphémère ou dépendant des technologies disparaît mais l’idée n’est pas assez développée.

Emily St John Mandel représente les artistes avec un goût amer où les « stars » perdent leurs âmes et leurs raisons de vivre au contact du succès. Un début de réflexion sur la société de consommation et ses travers.

Le lecteur découvre tout au long du roman « Station Eleven » le passé des protagonistes des survivants actuels dont Kristen qui assista au décès d’Arthur Leander et qui possède deux bande-dessinées de « Station Eleven », les deux premiers tomes d’une publication restreinte, qui sera le lien entre plusieurs personnages.

Une nouvelle lecture sur un roman post apocalyptique basé sur des souvenirs réalistes avec la grippe aviaire. D’ailleurs les cent premières pages m’ont semblé très réalistes et la lecture m’a beaucoup accroché malgré un style simple. Cependant, le roman « Station Eleven » est retombé avec des flashbacks sur plusieurs personnages sur leur vies avant/après et les histoires d’amour d’Arthur Leander. La fin est comme un avion qui après une longue descente en chute libre atterri sur la piste en silence sans marquer le lecteur plus que ça.

Début très prometteur mais finalement déçue.

Extrait page 229 : « Vous faites donc une distinction entre changer les personnes et modifier leur comportement. – Bien sûr – Tout est là, dit Dahlia. Je parie que, si vous coachez Dan, il en sortira sans doute bonifié, il s’améliorera sur des points concrets, mais il n’en restera pas moins un pauvre bougre accablé ».

Quel lecteur ? Passionné de roman apocalyptique

Combien de temps pour le lire ? Deux semaines

Combien de pages ? 475 pages – Editions Rivages

Quelle note ? 2/5

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