Critique « Réparer les vivants » de Maylis de Kerangal

Réparer les vivants_Maylis de Kerangal

Réparer les vivants_Maylis de Kerangal

Un livre, qui reçoit plusieurs prix et qui est choisi par un membre de mon club de lecture pour concourir au prix 2017, attise ma curiosité et remonte dans ma PAL gigantesque !

Je parle de « Réparer les vivants » de Maylis de Kerangal qui a été publié en janvier 2014 et qui a été adapté au cinéma français en novembre 2016.

Le roman démarre sur trois jeunes copains qui partent à l’aube surfer les premières vagues de l’océan. Sur le chemin du retour, c’est l’accident de van et Simon Limbres, jeune homme de dix-neuf ans, se retrouve avec un traumatisme crânien grave et plongé dans un coma profond tandis que ses amis Chris et Johan qui avaient la ceinture sans sortent visiblement bien mieux.

Tout décline très vite pour Simon et le Docteur Révol va devoir faire deux annonces douloureuses aux parents, Marianne et Sean,…lésions irréversibles puis rapidement mort cérébrale. A cet instant, le livre prend une véritable tournure où chaque minute est importante mais également le respect des endeuillés avec l’arrivée de Thomas, infirmier spécialisé dans le don d’organes, qui va accompagner cette famille. Le lecteur est observateur du déroulement de chaque étape avec l’échange sur le don d’organes avec la famille, la création du dossier médical « cristal » pour trouver les receveurs compatibles pour chaque organe, le choix et l’annonce au receveur, la mise en place du transfert, l’arrivée des différentes équipes médicales de toute la France, les étapes pour ôter les organes jusqu’à la transplantation du cœur !

Ce roman ayant reçu dix prix littéraires ( Grand Prix RTL-Lire 2014, Prix Pierre-Espil 2014, Prix Paris Diderot – Esprits Libres 2014, Prix Orange 2014, Prix Charles-Brisset 2014, Prix du meilleur roman français de Lire 2014, Prix des lecteurs L’Express – BFMTV 2014, Prix Agrippa-d’Aubigné 2014, Prix des étudiants France Culture – Télérama 2014 et Prix Relay des Voyageurs 2015) mon exigence est élevée et j’avoue que « Réparer les vivants » n’a pas été à la hauteur. Peut-être que mon regard aurait été différent s’il n’avait pas autant fait parlé de lui.

J’ai beaucoup aimé toutes les émotions par lesquelles passent aussi bien Marianne et Sean que le Docteur Révol et Thierry : le lecteur pénètre dans une partie de l’hôpital où peu de gens peuvent connaître cette atmosphère et découvrir les pensées de chaque acteur autour du malade. Le côté réaliste de l’accident bête, simple et chaque action réaliste vécu soit par la famille soit par les différents corps de métiers apportent de la crédibilité au roman. J’ai senti les recherches et l’analyse de Maylis de Kerangal à travers par exemple la description de la coordination des différents corps médicaux autour de la transplantation ou l’exposition de la hiérarchie lorsque les organes sont prélevés.

Cependant, le manque de profondeur dans les personnages (or cela avait bien commencé jusqu’à la prise de décisions des parents) ou les différentes transplantations (zoom léger uniquement sur le cœur) ont retiré l’intérêt que pouvait avoir ce roman.

De plus, le style littéraire est simple et sans grand intérêt. Le grand bémol à mes yeux est la longueur des phrases puisque la majorité font plusieurs lignes et j’ai noté que la phrase la plus longue fait UNE PAGE ET DEMI, débutant en bas de la page 191 pour finir en bas du premier tiers de la page 193 (référence publication du livre chez Folio) : il faut s’accrocher. Je suis d’accord que l’effet apnée permet de faire vivre au lecteur les différents sentiments ressentis par Marianne et Sean mais quand tout l’ouvrage est ainsi le lecteur se perd.

De plus, le livre a beaucoup de mal à se lancer, il est lent avec une première partie qui ne finit pas. Le rythme prend enfin avec l’annonce de la mort cérébrale.

Quel public ? Lecteur qui lit uniquement les best-sellers

Combien de temps pour le lire ? Ça dépend de la résistance de votre cœur lorsque vous êtes en apnée ;-)

Quelle note ? 2/5

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