Critique « La face cachée de Ruth Malone » d’Emma Flint

La face cachée de Ruth Malone d'Emma Flint

La face cachée de Ruth Malone d’Emma Flint

Ce mois-ci, lecture pour la maison d’édition 12-21 du roman « La face cachée de Ruth Malone » d’Emma Flint dont je souhaite partager avec vous mon retour.

Ce roman est basé sur des faits réels où Emma Flint s’est inspirée de l’histoire d’Alice Crimmins aux Etats-Unis qui a été accusée du meurtre de ses deux enfants.

En 1965, au cœur de New-York, Ruth Malone, mère célibataire, découvre au petit matin en ouvrant la chambre de ses enfants que ses derniers ont disparu.

Peu après la disparation et la prise en main de l’enquête par la police, le corps de Cindy est retrouvé puis quelques jours après celui du frère, Franky Junior. Rapidement, Ruth Malone est considérée comme coupable de part son comportement et sa manière d’être : elle est tout d’abord une belle femme qui le sait et joue de ses charmes ; elle a trompé son mari, Franck, lorsqu’elle était encore avec lui  et depuis elle collectionne les amants ; elle travaille comme serveuse dans un bar la nuit ; elle s’apprête à chacune de ses sorties et reste impassible face aux terribles événements (pas une larme versée). Par conséquent, les hommes ont beaucoup de désirs pour elle et les femmes développent une jalousie démesurée.

De plus, elle a deux côtés qui sont en contraste avec la société de cette époque : elle s’efforce d’être une bonne mère auprès de ses enfants en prenant soin d’eux, en travaillant malgré son statut de mère célibataire et elle aime retrouver sa liberté la nuit dans les bars en charmante compagnie.

Aussi bien la police, que les journaux, les tribunaux et l’opinion  publique la condamnent mais un seul homme souhaite percer ce que cache Ruth Malone, Pete Wonicke, jeune journaliste qui débute dans la profession.

C’est un roman très noir, d’une ambiance oppressante traitant d’un sujet grave : l’infanticide.

Emma Flint apporte beaucoup de profondeur aux personnages Ruth Malone et Pete Wonicke ainsi qu’à Devlin, l’enquêteur sur l’affaire Malone. Devlin se révèle être un macho, conspirateur qui se fie uniquement aux apparences. Pete va tout faire pour aider Ruth Malone en se cachant à lui-même ses sentiments pour elle jusqu’à perdre son travail, son argent et vivre à travers cette affaire.

L’ambiance de cette époque aux Etats-Unis est extrêmement bien retranscrite avec sa morale « traditionnelle » et ses clichés douteux : Ruth Malone est considérée coupable dès lors qu’elle commet le moindre petit geste qui dénote dans le paysage bien-pensant de la société (la mère éplorée que l’on attend qu’elle soit ne va jamais apparaître en public). De plus, son détachement de façade et sa frivolité vont la condamner dès le début.

Dès l’ouverture des premières pages, le lecteur plonge dans cette époque, cet univers noir et profond qui alterne entre environnement journalistique et thriller psychologique et surtout cette enquête où l’on se demande jusqu’aux dernières pages : Ruth Malone est-elle innocente ou coupable ? La fin n’est pas une « fin à l’américaine » et elle est époustouflante !

Excellente lecture sur la psychologie des personnages et sur cette société de l’époque qui soulève beaucoup de questions comme la place de la femme dans la société, la place de l’apparence des individus, la sur-importance des sentiments des juges, policiers face aux preuves concrètes et au réel travail d‘enquête ainsi que la place des médias dans cette affaire.

Quel lecteur ? Lecteur qui apprécie les polars, les romans psychologiques noirs

Combien de temps pour le lire ? 7 jours

 Quelle note ? 3.5 /5

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