Critique « La delicatesse du homard » de Laure Manel

La delicatesse du homard de Laure Manel

La delicatesse du homard de Laure Manel

Laure Manel emmène le lecteur sur les côtes françaises de la Bretagne pour une belle histoire à lire pendant la période estivale. Un homme, François, directeur du centre équestre, se promène à cheval le long de la plage et il
aperçoit une jeune femme qui semble échouée sur le sable inconsciente au pied d’un rocher. Son premier reflexe ne fut pas d’appeler les secours mais de la ramener chez lui au chaud et de prendre soin d’elle. A son réveil, cette
jeune femme semble en bonne santé mais elle souhaite parler ni de son passé, ni des raisons qui l’ont  amené à atterrir sur cette plage et ni donner son identité. Elle décida de se faire appeler Elsa. Ainsi commence  la cohabitation entre François, célibataire de longue date, et Elsa, coeur à vif. Leurs carapaces respectives va résister longtemps et se fissurera doucement…

Laure Manel emmène le lecteur dans les pensées de chacun des deux personnages par un judicieux travail d’écriture : dans les premiers chapitres, il y a une alternance entre chaque personnage avec peu de dialogues puis tout s’accélère avec au sein du même chapitre un dialogue qui s’agrandit et les deux pensées intérieures qui se suivent.

Laure Manel a construit des personnages touchants, complexes et d’une profondeur que le lecteur perce à jour au fil des pages entre les dialogues et la voix intérieure qui s’exprime.

Belle histoire qui m’a touchée où la cicatrisation du passé montre qu’elle est ardue et que la patience, le réconfort et la compréhension de l’autre sont les meilleurs ingrédients. Des qualités qui dans le monde d’aujourd’hui tendent à se raréfier. Le lien passé-présent-futur est finement démontré sans tomber dans le mélodramatique.

Belle lecture découverte au Salon Poche de Saint Maur des Fossés le 24 juin dernier.

Quel lecteur ? Public au bord de la plage su un transat
Combien de temps pour le lire ? 3 jours
Combien de pages ? 344 pages – Edition Le Livre de Poche
Quelle note ? 3,5/5
Extrait page 220 : « […] c’est qu’à toujours réfléchir, se poser des questions, se torturer l’esprit, on n’avance pas, on n’entreprend rien. Il faut laisser le risque entrer dans sa vie, ou saisir une chance au vol, c’est la même idée. Je crois foncièrement que la vie est mouvement et qu’il ne faut pas toujours chercher à figer, nommer, définir les choses. »

Soyez le premier à commenter