Critique « La brève et merveilleuse vie d’Oscar Wao » de Junot Diaz

"La brève et merveilleuse vie d'Oscar Wao" de Junot Diaz

« La brève et merveilleuse vie d’Oscar Wao » de Junot Diaz

Junot Diaz partage la culture dominicaine et ses croyances avec le lecteur dans le livre « la brève et merveilleuse vie d’Oscar Wao ». Une croyance encore bien présente en République Dominicaine, le fuku est une malédiction familiale qui semble se transmettre de génération en génération. Pour chaque famille, elle apparaît d’une manière différente. Pour celle d’Oscar, le fuku ressemble à un homme sans visage. Le contraire du fuku est le zafa qui prend pour la famille d’Oscar la forme d’une mangouste pour redonner de l’espoir.

Dans cet ouvrage, Junot Diaz nous présente la vie d’Oscar et de ses proches. Oscar est un adolescent obèse, solitaire voire asocial, un écrivain non reconnu et surtout un passionné de science-fiction qui vit avec sa mère, Belicia, et sa sœur, Lola, dans le New Jersey, à Paterson. Il est, par conséquent, en décalage avec les jeunes hommes de sa génération qui comptent davantage les conquêtes et les danses endiablées. Il se retrouve dans la caricature de l’adolescent intello-moche qui est gauche en draguant les filles et qui est bien sûr puceau.

Il y a un énorme chapitre sur sa mère, Belicia, qui s’est retrouvée orpheline quand elle avait quelques mois suite à la disparation de ses deux sœurs aînées et de ses parents (un passage est dédié à son père médecin et intellectuel) avec une enfance pauvre, d’esclave avant d’être recueillie par la Inca (cousine lointaine de son père) et de se révolter contre la vie en générale.

La vie et la présence de la sœur, Lola, est davantage distillée tout au long de l’ouvrage où sa révolte face à sa mère et au poids du passé est violente mais elle restera toujours présente pour son frère et elle sera son éternel complice.

Les derniers chapitres révèlent l’identité du conteur : Yunior, qui fut le bref amant de Lola et surtout le coloc d’Oscar à la fac, voire son garde-fou. Il est le typique dominicain qui ne vit qu’à travers les femmes mais lorsque l’on avance dans la lecture on lui découvre une âme de protecteur qui prendra soin d’Oscar et qui sera celui qui deviendra le narrateur de sa vie.

Il est très difficile de rentrer dans la lecture de cet ouvrage de part le style vulgaire et violent de l’auteur et le découpage des chapitres par personnage ce qui rend la vie d’Oscar saccadée et sa vie contrairement au titre semble bien longue et sans intérêt plus que celle du commun des mortels. A cela, Junot Diaz alterne un style classique et vulgaire qui n’aide pas davantage à la lecture.

Pour finir, les digressions historiques et les notes de bas de page sont extrêmement nombreuses et d’une amplitude allant jusqu’à prendre une page entière : ceci gêne voire coupe la lecture et rend pénible l’avancement du roman.

Personnellement, le mélange de français et d’espagnol ne m’a pas gênée mais un non hispanique pourrait passer à côté de beaucoup de choses en lisant cet ouvrage.

Au-delà du style, l’overdose de Trujillo, le dictateur sanguinaire, achève le lecteur.

 

Quel public ? un lecteur fan de Junot Diaz

Combien de temps pour le lire ? Deux à trois semaines

Quelle note ? 1,5/5

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