Critique « J’ai encore menti !  » de Gilles Legardinier

Gilles Legardinier j'ai encore menti

Gilles Legardinier j’ai encore menti

L’automne approchant j’ai eu envie de lire le dernier Gilles Legardinier pour replonger dans son univers doux avec un brin de folie avec son dernier roman paru le 10 octobre 2018  » J’ai encore menti ! ».

La couverture est à l’image de Laura, le personnage principal, qui suite à un malencontreux événement (accident de poney : vous en dire plus serait vous privez d’un fou rire) va se retrouver sans mémoire et elle va ainsi vivre des moments cocasses.
Sans mémoire cela signifie qu’elle ne se souvient pas des personnes mais surtout elle redécouvre tout de la vie (comme un bébé mais dans un corps d’adulte, les sentiments des adolescents etc…) et sûrement les moments les plus drôles à quoi servent les outils, matériels qui nous entourent (Josiane la photocopieuse), les codes de la société…
Laura dans son corps d’adulte a un regard d’enfant (et le comportement qui va avec). Donc, elle porte un regard neuf sur la société et les gens qui la composent, ce qui fait jaillir les vraies priorités dans la vie.
Le passage sur la désillusion, entre l’enfance avec les valeurs morales inculquées et l’adolescence avec la découverte de la société impitoyable, est magnifique et reflète notre société avec le mensonge…

Laura se retrouve à découvrir une nouvelle fois le monde sous un autre angle de vue avec des rires assurés.
Mention spéciale pour la meilleure amie, Lucie, complètement barrée, qui m’a fait rire et que je trouve exceptionnelle.
Je l’avoue j’ai rigolé à plusieurs reprises et merci à Gilles Legardinier pour cette lecture d’un pur plaisir !

Comme chaque recette dans les romans de Gilles Legardinier au-delà des apparences le message est très clair : Laura avait rompu le lien avec son père pour une bête histoire du passé et elle était célibataire de part le poids de sa mémoire puis libéré de sa mémoire les liens avec son père sont redevenus forts après explication des raisons de l’histoire du passé. Chaque individu devrait prendre du recul et savoir avancer en mettant le passé de côté pour rechercher la sérénité et la quiétude.

Une très belle lecture !

Quelques extraits :

Page 102-103 : « Pour la première fois depuis l’accident, je suis allée au boulot. C’est donc cela un lieu de travail. Depuis le temps que l’on m’en parle…C’est ici que selon l’expression consacrée, « je gagne ma vie ». Cette notion m’étonne, comme si le fait de naître n’était pas suffisant pour avoir le droit d’être vivant. Tout paraît si simple quand on ne sait pas grand-chose… […] Voici donc l’un des innombrables lieux où des humains s’associent pour mettre leurs compétences en commun afin d’être utiles à leurs semblables. »

Page 162 :  » Les fruits m’ont trahi plus d’une fois. Personne ne m’a prévenue que certains contenaient des parties très dures, de forme variable, appelées « noyaux ». A croire que les gens oublient ce qui m’arrive. […] Je me demande si ma situation n’amuse pas mes proches…[…] J’ai été trompée par une pêche – pourtant si veloutée – qui a failli me coûter une dent. Par une orange aussi, dont le « noyau » est morcelé en plusieurs sous-noyaux appelés « pépins », façon bombe à fragmentation. Quel vice, quelle perfidie ! Je suis sur mes gardes. C’est pourquoi je suis actuellement en train de sonder l’intérieur d’une banane à l’aide d’un trombone astucieusement déplié, histoire de découvrir ce qu’elle cache. »

Page 303 : « Tant qu’on y est, ajoute Lucie, quand tu prendras l’autoroute, ne commets pas la même erreur que moi. Les flashs sur le bas-côté, ce ne sont pas des admirateurs qui te photographient, mais des radars de contrôle. Et moi qui leur disais bonjour… »

Quel lecteur ? Tout public recherchant un livre détente

Combien de temps pour le lire ? 5 jours

Combien de pages ? 390 pages – Editions Flammarion

Quelle note ? 5/5

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