Critique « En attendant Bojangles » d’Olivier Bourdeaut

En attendant Bojangles_Olivier Bourdeaut

En attendant Bojangles_Olivier Bourdeaut

La bonne surprise de cet été avec “En attendant Bojangles” d’Olivier Bourdeaut !

C’est typiquement le livre dont le résumé ne m’attire pas et qui a tous les critères pour que je ne le lise pas : retour « que » positifs, livre que tout le monde a entre les mains où que je les croise. Cependant, lorsque Angeline, une passionnée de lectures, me le conseille et me le laisse entre les mains, je l’ouvre…

Dès les premières pages du roman, le lecteur plonge dans une folie qui va lui paraître au fil des pages de plus en plus normale et au final voire très touchante. A travers le regard de l’enfant, entrecoupé parfois par le carnet secret du père, nous découvrons une famille atypique qui a décidé que l’amour, la liberté, le grain de folie et la fête seraient au-dessus de tout : leur fils ira à l’école uniquement l’après-midi parce que la nuit avec les amis de ses parents il se cultive davantage, tous les jours c’est la fête à la maison, l’enfant invente des mondes imaginaires pour faire plaisir à sa maman qui m’aime pas la banalité de la vie quotidienne, il finira par ne plus aller à l’école et son père arrêtera de travailler pour qu’ils soient en permanence tous ensemble.

Vu ainsi ce roman paraît très léger. Cependant, ce qui donne toute sa profondeur est la compréhension de cette folie et jusqu’où va-t-elle…la maladie de la mère perçue par l’enfant.

L’air innocent et festif jusqu’à la perspicacité de cet enfant dans les dernières pages donne du volume à cette mère extravagante qui invente des mondes, à ce père qui donne chaque jour un prénom différent à sa femme et qui la suit dans son monde parallèle, à cet oiseau exotique Madame Superfétatoire qui se comporte comme un être humain et à leur entourage loufoque qui fait la fête en permanence (mention spéciale à Monsieur Ordure, sénateur de son métier, qui a pour but de manger et boire beaucoup pour atteindre l’objectif de sa vie : pouvoir mettre une assiette sur son ventre sans qu’elle se renverse).

Ce roman sur la vision par l’enfant de la maladie de sa maman avec un air drôle, déroutant dans sa folie et tendre m’a emporté et il m’a surtout rappelé un roman graphique que j’ai lu récemment « Le Perroquet » qui est bien plus noir. Deux visions et deux formats différents qui sont complémentaires et dont je vous conseille la lecture.

Deux extraits qui m’ont plu :

« Mon petit, dans la vie, il y a deux catégories de personnes qu’il faut éviter à tout prix. les végétariens et les cyclistes professionnels. […]parce q’un homme chapeauté d’un suppositoire qui moule grossièrement ses bourses dans un collant fluorescent pour gravir une côte à bicyclette n’a certainement plus toute sa tête »

« Papa m’avait dit que les Espagnols étaient des guerriers de la fête et moi j’aimais ce genre de combat avec des fleurs, des pétards et de la sangria »

Quel public ? Tout public

Combien de temps pour le lire ? 48 heures

Quelle note ? 3/5

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