Critique « Dans la forêt » de Jean Hegland

Dans la forêt de Jean Hegland

Dans la forêt de Jean Hegland

Jamais deux sans trois…Voici ma troisième lecture sur un roman apocalyptique !

Jean Hegland fonctionne presque en huit clos (hormis quelques scènes en ville) autour des deux sœurs Nell et Eva qui vivent dans la maison familiale isolée à la lisère de la forêt près de Redwood.

La fin de la société de consommation avec l’arrêt de l’électricité, la pénurie de l’essence, la disparition des denrées et donc de l’économie capitaliste avec la fermeture des magasins et la disparation du monde du travail : un début de roman extrêmement réaliste qui parle au lecteur.

Ce roman de Jean Hegland est sous forme de journal d’une des sœurs, Nell, « l’intellectuelle » qui souhaitait entrer à Harvard. Ce format permet au lecteur d’être dans l’esprit et vivre à travers Nell ce changement qui au début est considéré comme temporaire où elles espèrent un retour à la normale jusqu’au moment où elles comprennent que la vie normale est celles qu’elles vivent et que le passé où elles dépendaient du matériel est fini et révolu.

Eva, la sœur aînée, rêvait de devenir danseuse (espoir futile tout comme sa sœur) et malgré la coupure d’électricité, elle s’isolait des heures entières pour répéter jusqu’à un événement violent qui va lui faire prendre conscience de l’importance des points essentiels (nourriture, foyer) et de la richesse de la forêt.

Nell et Eva vont s’organiser progressivement en rencontrant régulièrement des obstacles tout en remerciant leur père qui gardait tout et leur mère qui cultivait le potager et réalisait des peintures en travaillant sur les plantes à sa disposition : elles vont observer et tout fouiller avec un regard neuf cette maison où elles ont grandi pour s’en sortir (se chauffer, se soigner, faire renaître le potager pour agrandir les stocks de nourriture, récupérer des graines, cueillir ce que la forêt offre, se défendre comme un animal).

La décomposition de la société capitaliste révèle la noirceur de l’homme avec l’individualisme (survivre au détriment des autres), l’égocentrisme, le viol et le vol mais l’adaptation des hommes à la nature (et non le contraire) permettra d’être protégé par cette dernière.

Un roman magnifique très réaliste, bouleversant et une fin ramenant l’homme à l’état animal qui respecte son environnement et qui vit « hors matériel » avec ce que lui offre la nature. Dès que les sœurs ont compris l’importance de la nature et la protection qu’offre la forêt elles ont commencé à s’en sortir : la forêt n’est plus hostile mais elle représente leur foyer, leur garde-manger et leur pharmacie.

Roman humble et encore d’actualité alors qu’il a  été publié en 1996.

Quel lecteur ? Passionné de roman apocalyptique

Combien de temps pour le lire ? Une semaine et demie

Combien de pages ? 301 pages – Editions Gallmeister

Quelle note ? 4,5/5

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