Critique « Croc blanc » de Jack London

Croc blanc de Jack London

Croc blanc de Jack London

Le club des lectrices a choisi ce mois-ci pour lecture le roman américain « Croc blanc » de Jack London publié en 1923 en France, un livre qui a été souvent lu pendant l’enfance.

Ce roman de Jack London débute dans le Grand Nord avec les humains qui cherchent à fuir le froid et les bêtes sauvages ; début rude qui montre l’austérité de cet environnement, les besoins primaires qui sont mis à rude épreuve, la loi de la nature et les prémices qui ont données vie à Croc Blanc, chien-loup sauvage né d’une mère mi-louve mi- chienne sauvage, Kïche, et d’un père loup sauvage, «N’a-qu’un-œil ».

Puis le passage plus en douceur, mais loin de l’être complètement, avec la naissance de Croc Blanc et de la portée ainsi que sa découverte de la nature est touchante. Cependant, la dureté de l’environnement (le Wild) revient avec les dangers de l’environnement et surtout de l’homme qui poussera à son paroxysme la violence. Son nom lui a été donné par son premier maître lorsqu’il eut rejoint une tribu d’indiens. Croc Blanc est à part (chef de meute, chien de combat hors pair) : il a un mental qui lui permet de survivre dans des environnements totalement hostiles et de réussir, malgré son vécu, à rouvrir son cœur.

La principale curiosité de cet ouvrage est le choix des personnages principaux, le chien-loup, Croc Blanc, et la meute de loups et en personnages secondaires les hommes : très rare dans les romans cette répartition animaux/hommes.

Je n’avais pas souvenir de ce style narratif très bien ficelé et « rond » qui donne beaucoup de profondeur au personnage principale qui je le rappelle est un chien-loup : quel maître littéraire ! Jack London a réussi à ce que le lecteur s’identifie au personnage principal et à son entourage sans pour autant donner une pensée humaine à Croc Blanc et ses proches. A travers sa manière d’écrire, Jack London fait ressentir au lecteur l’évolution du chien-loup de l’enfance à l’âge adulte avec l’évolution de sa relation avec la louve, ses congénères et les humains. Ces derniers sont dépeints de manière rustre, violent, respectueux pour peu d’entre eux et qui reflètent la vision de Jack London de la société de cette époque.

Cet ouvrage m’a surpris de part sa violence qui est omniprésente à des degrés parfois difficilement supportables sachant que ce livre a souvent été lu à l’école primaire ou au collège.

Jack London provoque une prise de recul chez le lecteur en remettant l’humain à sa place dans l’environnement sauvage, la prédominance des besoins primaires et la loi naturelle et simple : mangé ou être mangé, tué ou être tué.

Ce roman souvent qualifié de jeunesse n’est en rien le cas de part son style narratif, la violence et la profondeur de l’ouvrage.

Quel lecteur ? Public adulte

Combien de temps pour le lire ? deux semaines

Combien de pages ? 319 pages – Folio Junior Edition Spéciale

Quelle note ? 3/5

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