Critique « Colorado Train » de Thibault Vermot

Colorado Train de Thibault Vermot

Colorado Train de Thibault Vermot

Thibault Vermot nous emmène dans le Colorado à Durango dans les années soixante à la fin de l’été avec une bande de jeunes adolescents : Suzy (fille d’un policier alcoolique et violent), Georges et  Durham (les intellos qui construisent leur fusée), Donnie (le petit gros maltraité par Moe), Michael (son père Paul Lisevsky est célèbre au sein de la police et son absence donne le loisir à Michael de faire des cauchemars) et son petit frère Calvin. Ce groupe est unit par une forte amitié (ils ne font qu’un pour affronter les durs) avec un lieu secret pour leurs retrouvailles.

Le lancement d’une fusée, les escapades dans la nature vont passer au second plan le jour où Moe, la bête noire de l’école et surtout le persécuteur de Donnie, disparaît. Au début, c’est un soulagement pour la bande mais lorsqu’ils apprennent que l’on a retrouvé des bouts de son corps avec des morsures ils basculent dans l’angoisse. La petite équipe se lance dans une enquête sans se douter que ce monstre les suit dans l’ombre.

En toile de fond, la légende du Wendigo (ce sont des êtres humains qui après avoir mangé de la chair humaine pour la première fois se transforment en créatures assoiffées de sang qui dévorent les enfants) refait surface et tout se mélange dans les esprits. L’autre légende qui va nourrir les esprits, ce sont les Hobo des individus sans domicile fixe qui voyagent de ville en ville à travers des trains de marchandises…

J’ai dévoré ce livre où j’ai adoré le rythme soutenu de lecture et chaque membre de la bande d’adolescents qui paraissent simples en apparence mais qui sont bien plus complexes. Chaque personnage a ses traits bien marqués et une profondeur qui donne envie au lecteur de tous les protéger et de les alerter quand le danger approche ou de crier pour leur dire « vite vite par ici » pour tout faire changer.

Les descriptions simples laissent place aux actions que Thibault Vermot conte d’une manière exceptionnelle. Dès l’ouverture des premières pages, le lecteur est pris dans un suspense qui va ne faire qu’accroître avec une atmosphère d’angoisse et ce rythme va s’accélérer encore plus jusqu’au moment de la course poursuite dans le dernier quart du livre où la tension est au maximum et le lecteur tourne les pages avec frénésie.

Le style de narration choisit par Thibault Vermot donne la place à chaque membre de la bande avec chacun son point de vue, sa façon de vivre les événements ce qui donne un regard global sur la situation au lecteur. Thibault Vermot a semé dans « Colorado Train » des passages courts où la créature s’exprime ce qui renforce encore plus l’atmosphère angoissante. Ce changement de style et de manière de s’exprimer donne au lecteur le recul pour saisir l’amplitude du danger et donner envie d’aider cette bande insouciante.

Bref, une belle découverte jusqu’à la dernière page. Cet ouvrage « Colorado Train » laisse une grande place à l’amitié profonde dans cette bande et au courage. Oui, c’est un roman d’adolescents mais d’une très bonne qualité de « thriller adulte » où l’angoisse monte progressivement jusqu’à culminer dans les dernières pages.

Vous me diriez mais pourquoi ce titre…le train est un personnage à part entière, qui est dans l’ombre mais toujours présent, tout au long du livre jusqu’à prendre la place principale à la fin de l’ouvrage.

Quel lecteur ? Tout lecteur recherchant de l’aventure sur un fond de thriller

Combien de temps pour le lire ? 5 jours

Combien de pages ? 400 pages – Edition Sarbacane – livre paru le 6 septembre 2017

Quelle note ? 4/5

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