Critique de « Charlotte », prix Renaudot 2014

Charlotte de David Foenkinos

Charlotte de David Foenkinos

David Foenkinos change de registre avec « Charlotte ». Après le succès de « La Délicatesse », l’auteur semble prendre un virage dans sa carrière. Semble seulement. En s’attaquant à Charlotte Salomon, Foenkinos a-t-il pris un risque ? Notre avis.

En feuilletant Charlotte, on se demande tout d’abord où David Foenkinos nous emmène. Les premières pages du livre nous donnent la réponse : « Ce roman s’inspire de la vie de Charlotte Salomon. Une peintre allemande assasinée à vingt-six ans, alors qu’elle était enceinte. Ma principale source est son oeuvre autobiographique : Vie? ou Théâtre« . Charlotte Salomon donc. Sa vie, son oeuvre.

Foenkinos dit d’ailleurs avoir été « attrapé par le corps, par le coeur » (La Grande Librairie du 9 octobre) par l’histoire de cette femme. Pendant plus de 200 pages, il nous livre une vision très personnelle (comme le souligne ces interventions successives) de la vie de l’artiste, dans un style qui est le sien. Dans un style qu’on reconnaîtrait comme le nez au milieu de la figure. Le seul changement notable est le passage à la ligne à la fin de chaque phrase. Une forme à laquelle l’auteur ne donne pas de nom mais explique avoir procédé ainsi pour donner une forme de respiration à son roman.

Si ces phrases courtes donnent du rythme, elles permettent surtout de finir un livre bien trop personnel marqué par un style devenu trop convenu. Celui de David Foenkinos. Le virage attendra. La prise de risque également.

L’auteur disait vouloir « Charlottisé » tout le monde. C’est raté. Si la genèse du livre est intéressante, la forme ressemble trop aux précédents romans de David Foenkinos.

La note : 2 / 5. Ne courez pas l’acheter, empruntez-le si vous souhaitez le lire.

1 commentaire

  • Répondre novembre 7, 2014

    Anne-Sophie Demonchy

    Je suis complètement d’accord avec ton point de vue : j’ai lu quelques pages mais le livre m’est tombé des mains. Rien d’original dans le style, malheureusement.

Laisser un commentaire