Critique « Chanson douce » de Leïla Slimani : Prix Goncourt 2016

Chanson douce_Leila Slimani

Chanson douce_Leila Slimani

Leïla Slimani commence très fort avec le premier chapitre qui prend le lecteur dans une terreur que, j’imagine, tout parent redoute en laissant ses enfants à la nounou : sera-t-elle prendre soin des enfants en leur absence ? Thème complètement d’actualité où quasiment tout parent actuel est confronté (excepté les chanceux où l’un des deux parents peut s’arrêter de travailler ou lorsque les grands-parents s’en occupent) : la reprise du travail par la femme donc la recherche d’un moyen de garde qui engendrera des sacrifices et des doutes (sentiment de culpabilité : voir moins ses enfants).

Nous plongeons immédiatement dans le deuxième roman « Chanson douce » de Leïla Slimani avec son style reconnaissable, tranchant et directe. La description détaillée et le partage des pensées des personnages principaux les rendent attachants et apporte une tension à l’ensemble de l’ouvrage jusqu’au dénouement. Au-delà des deux enfants, Mila et Adam, le lecteur découvre les deux personnages principaux et le personnage secondaire du père, Paul (jeune homme ambitieux qui se laisse guider par son épouse) :

– Myriam : jeune femme dynamique qui se rend compte qu’elle doit finalement choisir entre famille et travail. Dans un premier temps, après l’obtention de son diplôme (15 jours après elle accoucha de sa fille, Mila), elle était plutôt satisfaite de ne pas travailler et être mère au foyer. Cependant, à l’arrivée de son fils, Adam, elle commence à se perdre complètement et à regretter ses projets professionnels. Lors d’une rencontre au hasard d’un ancien élève de sa promotion, elle va remettre le pied à l’étrier et voilà qu’arrive :

– Louise, la nounou « parfaite » presque trop…qui passera haut la main les entretiens. La nounou montre le dévouement total au travail dans le monde capitaliste dans lequel nous sommes qui peut amener à l’autodestruction (plus connu sous le nom de burn out).

Leïla Slimani nous révèle sa vision de l’éducation, des rapports professionnels, de la maladresse et les non-dits entre les êtres humains, les préjugés limite racistes, l’égoïsme et donc la folie des humains.

Le thème et la manière de révéler la fin de l’ouvrage dès le premier chapitre permet au lecteur de dévorer l’ouvrage pour connaître les raisons de la situation finale et, par conséquent, cet ouvrage met en avant les thèmes ci-dessus qui sont le cocktail parfait pour un livre qui aurait pu se révéler exceptionnel.

Ma déception vient uniquement du fait que cet ouvrage a reçu le prix Goncourt : je vais être dure mais pour moi il n’est pas à la hauteur de ce prix prestigieux. C’est un très bon best seller ou « livre de gare »  parce qu’il se lit très facilement et que l’histoire est intéressante mais de par son style littéraire peu travaillé, d’un squelette de l’ouvrage simple (malgré un premier chapitre très prometteur et osé) et une juxtaposition d’évènements avec une fin d’ouvrage qui ne révèle pas comme dans le reste de l’ouvrage les détails de l’avant-dernière scène laisse le lecteur sur sa fin, perplexe et amer.

Quel lecteur ? Tout bon public

Combien de temps pour le lire ? Deux jours

Quelle note ? 2 / 5

1 commentaire

  • Répondre mars 20, 2017

    musy

    j’ai bien aimé
    j’en ai meme fait une critique sur mon « excellent » blog!

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