Critique « Apocalypse bébé » de Virginie Despentes

Apocalypse-bebe_Virginie Despentes

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Petit plaisir de cet été, la relecture d’Apocalypse bébé » de Virginie Despentes ! Un style inimitable et reconnaissable dès les premières lignes : crue, directe, Virginie Despentes a sa manière unique pour nous surprendre et nous emmener vers des chemins que nous ne pourrions pas soupçonner.

Deuxième lecture de ce livre que j’ai découvert en 2010 et je suis encore plus admirative par le déroulement de l’ouvrage et la tournure des événements :

1) Lucie, jeune femme perdue qui travaille dans une boîte de détectives privées, voit sa vie basculée quand l’une des personnes qu’elle doit surveiller, Valentine, disparaît.

2) Valentine, jeune adolescente bourgeoise paumée camée, va devenir le centre d’intérêt de la vie de Lucie. La grand-mère exige qu’elle la retrouve. Dès ce moment, Lucie va partir à la recherche de Valentine avec un binôme qu’elle va apprendre à connaître La Hyène : lesbienne, violente et extravertie qui travaille à son compte.

3) D’une enquête « policière privée », on va voyager de Paris jusqu’à Barcelone en découvrant notre société actuelle.

Virginie Despentes bouscule le lecteur en nous introduisant dans des milieux très différents et variés et toujours de manière brute en faisant ressortir le plus extrême de chacun : le monde des riches bobos, la famille nombreuse paumée, les religions (catholique, musulman), les lesbiennes.

La profondeur des personnages force le respect vis-à-vis de l’auteur qui donne ainsi beaucoup de matière à l’ouvrage:

– La Hyène : elle a eu beaucoup de mal à faire accepter ce qu’elle est ce qui a eu un impact sur sa vie professionnelle et son comportement;

– La Sœur Elisabeth : le jeu de pouvoir de ce que l’on soupçonnerait pas, qui abuse des faibles;

– Valentine : la jeune perdue sans repère, sans bouée à laquelle se rattacher et influençable;

– Vanessa, la mère de Valentine : la difficulté à accepter ses origines et s’affranchir d’une famille envahissante;

– François : le bobo riche qui ne réussit pas comme ses aieux et qui est un père dépassé par son adolescente;

– Lucie : la jeune adulte naïve qui se cherche.

A travers les personnages, nous touchons à différentes problématiques de la société actuelle. A ma relecture, la fin de cet ouvrage sonne différemment d’il y a six ans au regard de cette dernière année qui a marqué la France avec les attentats.

Virginie Despentes montre notre faiblesse face à ce type d’horreur…Nous sommes comme Lucie à se retrouver devant le fait accompli sans avoir rien vu venir et manipulé comme des pantins par des individus hauts placés qui détiennent l’information, le pouvoir et les moyens nécessaires pour agir, faire agir et faire dire ce qu’ils veulent aux médias…

Quel public ? Tout lecteur

Combien de temps pour le lire ? 5 jours

Quelle note ? 4/5

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