Critique « 6h41″ de Jean-Philippe Blondel

Jean Philippe Blondel_06h41

Jean Philippe Blondel_06h41

Jean-Philippe Blondel nous propose un huit clos dans lequel beaucoup de travailleurs pourront se reconnaître, le TER Troyes-Paris le lundi matin à 06h41. Huit clos moderne aves deux personnages dont les voix alternent les chapitres : elle, Cécile Duffaut et, lui, Philippe Leduc, eux, les amants éphémères d’un période ancienne. Ces deux voix ont pris des voies différentes il y a vingt-sept ans et ils se retrouvent dans cette parenthèse du quotidien qui les a envahis. De si longues années sans se voir et là ils se retrouvent assis l’un à côté de l’autre sans oser se parler. Feront-ils un pas vers l’autre ou contraire resteront ils muré dans leurs pensées actuelles mélangées à celles du passé (ironie, rancœur, mal-être, haine, amour, désillusion…) ? Que s’est-il passé il y a tant d’années à Londres qui fait qu’aujourd’hui ils sont quasiment deux étrangers l’un pour l’autre et que cette période a marqué le tournant de leur existence.

Cette parenthèse de quatre-vingt-dix minutes pour Cécile et Philippe dans le train est une belle lecture, simple, sans prétention  (phrases courtes, directes) sur une introspection et un monologue interne des deux protagonistes jusqu’à l’arrivée du train en gare.

Quel public ? Tout lecteur qui recherche un roman court pour un trajet en train

Combien de temps pour le lire ? Un aller-retour Troyes-Paris

Combien de pages ? 158 pages – Editions Pocket

Quelle note ? 3/5

Extraits retenus :

Page 78 « Les hommes croient toujours que, lorsqu’ils font rire une femme, la moitié du chemin qui mène à sont lit est parcourue – et ils ne se rendent pas compte à quel point l’inverse est vrai aussi »

Page 125 : « Il ne se verrait habituer nulle part ailleurs qu’à Paris, il lui faut la grande ville, la capitale, des corps qui bougent, du bruit, de la distraction, de l’anonymat. […] Je suis arrivée plus tard que lui à Paris. Mais j’étais dans le même état d’esprit. Me faire happer par une foule, choisir les gens que je rencontre et ne plus les subir parce qu’on n’a pas le choix, parce que la province réduit les possibles, parce que les vies se rapetissent. »

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